IPV6 : l’impasse persiste

Il n’y a aucune urgence encore à adopter IPV6, mais le nouveau protocole demeure la seule possibilité à long terme.


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Vingt ans après la création du protocole IPV6 et malgré les exhortations à l’adopter qui sont faites depuis plusieurs années, une proportion négligeable d’internautes l’utilise à ce jour.

Selon des mesures récentes, 15 % environ des utilisateurs de Google se servent du nouveau protocole pour accéder au service de la multinationale. Bien sûr, la tendance est à la hausse; la proportion mondiale d’internautes accédant aux services de Google à l’aide d’IPV6 a connu une hausse de 5 % en 2016. Il est tout de même permis de se demander pourquoi l’adoption du protocole demeure aussi faible.

IPV6 procure assurément un plus grand espace adresse et certains autres avantages, notamment l’autoconfiguration. D’aucuns évoqueront aussi une meilleure vitesse d’exécution et une sécurité plus étanche, mais ces assertions sont contestées. En fait, la promotion du nouveau protocole par les instances habilitées ne porte pas tellement sur ses avantages, mais sur la nécessité de l’adopter étant donné la pénurie annoncée d’adresses IPV4.

Le hic, c’est qu’aucune urgence n’est perçue puisque tout continue de fonctionner comme avant. L’utilisation de l’approche double pile (dual stack) dans chaque nouvelle mise en œuvre d’IPV6 permet de prendre en charge les deux protocoles. L’incitation n’est donc pas très forte à investir dans la mise à niveau requise. En outre, même si la réserve d’adresses IPV4 de l’American Registry for Internet Numbers (ARIN) est maintenant épuisée, un marché parallèle a vu le jour, par lequel on peut se procurer des adresses IPV4 auprès de tiers.

Sans intérêt particulier à utiliser le nouveau protocole, sa progression demeure lente. Seulement 33 % des 100 plus grands sites Web à l’échelle mondiale l’ont mis en œuvre. Pour les 1 000 et 10 000 plus grands sites, la proportion est de 16 % et 11 % respectivement. Lorsque l’on passe à 1 million de ces sites, elle tombe à un faible 7 %.

Le Canada n’échappe pas à la tendance. Des données fraîchement publiées classent le pays au 13e rang mondial (13,6 %) en ce qui concerne le taux d’adoption du nouveau protocole, loin derrière les nations de tête que sont la Belgique (50,3 %), la Grèce (30,0 %), la Suisse (29,6 %), l’Allemagne (25,1 %) et les États-Unis (24,3 %).

Pour l’heure, on voit difficilement l’urgence, mais l’Internet Society rappelle que la seule voie d’avenir demeure IPV6. Les mesures de contournement auxquelles on a recours ne sont pas viables à long terme. Certes, on peut se procurer des adresses IPV4 sur le marché parallèle, mais la rareté grandissante fait monter les enchères. De même, la traduction d’adresses réseau et l’approche double pile ne pourront fonctionner qu’un certain temps.

Tôt ou tard, viendra le moment où le coût et les conséquences des moyens mis en place pour maintenir les adresses IPV4 rendront ce choix injustifiable.

Il est important de connaître quel service téléphonique correspond le mieux à vos besoins. Voyez une infographie qui compare les avantages des lignes analogiques traditionnelles aux services de téléphonie IP (voix sur IP).

Image : Free Digital Photos

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