À quel point l’industrie québécoise des TI est-elle différente?

expertIP a consulté le CRIM et l’AQT afin de dresser un tableau succinct de l’industrie québécoise des TI. Premier de deux articles sur le contexte technologique propre au Québec

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Isolé en Amérique du Nord en tant que communauté francophone, le Québec doit-il s’en désoler ou s’en réjouir? Les points de vue divergent certainement à cet égard, mais sur le plan des technologies de l’information, d’aucuns croient qu’il s’agit d’un atout.

La présidente-directrice générale de l’Association québécoise des technologies (AQT), Nicole Martel, est du nombre. Selon elle, le caractère distinct du Québec est l’une de ses forces. « Ici, les entreprises TI n’hésitent pas à nouer des alliances entre elles afin de commercialiser une offre plus complète et accroître leur caractère concurrentiel sur les marchés », dit-elle. Côtoyant périodiquement les directeurs d’autres associations professionnelles dans le cadre de réunions organisées par l’organisme Technology Councils of North America (TECNA), Mme Martel assure que cette solidarité québécoise fait l’envie d’autres provinces canadiennes.

Bien sûr, il peut être intimidant de faire des affaires dans une autre langue, et la traduction entraîne des dépenses supplémentaires, dit-elle. Toutefois, la situation du Québec n’est pas différente de celle de nombreux états. Il suffit de penser à des pays comme la Suède, l’Allemagne et la Pologne pour s’en convaincre. Nathalie Gosselin, directrice générale du Centre de formation et de transfert ainsi que du Centre de tests et d’interopérabilité du CRIM, estime que le bilinguisme du Québec constitue un atout. S’il y a désavantage, on le trouvera plutôt dans l’étendue du territoire, qui entrave l’accès aux technologies, croit-elle.

PME et créativité : mythe et réalité

Par ailleurs, une idée très généralisée fait du Québec le royaume de la PME. Une étude de TECHNOCompétences indique que sur les 7 782 établissements compris dans le secteur québécois des TI en 2009, seulement 3 % comptaient plus de 100 employés. Certes, il y a ici une très forte proportion de petites entreprises – dont 60 % emploient moins de quinze personnes – mais pas davantage que dans les autres provinces canadiennes, fait observer Nicole Martel. Elle donne l’exemple de la Colombie-Britannique, où les organisations TI de plus de 50 employés ne comptent que pour 5 % du total des entreprises du secteur, comparativement à 25 % au Québec.

« Cette réalité existe dans tous les grands marchés nord-américains, dit Mme Martel. La différence est qu’en certains endroits, il y a plus de grandes entreprises qu’ici. »

Le pourcentage très élevé de PME s’explique notamment par le fait qu’il est relativement facile de fonder une entreprise dans l’industrie des TI, car l’investissement initial est souvent modeste, souligne Mme Martel. D’ailleurs, on voit fréquemment des Québécois appartenant à un secteur d’activités particulier lancer leur propre firme de TI en commercialisant une solution très spécialisée qui s’adresse à une clientèle restreinte – laquelle demeure fidèle pendant de nombreuses années.

Pour Nathalie Gosselin, non seulement retrouve-t-on « beaucoup de bons joueurs » parmi les PME québécoises de l’industrie, mais aussi une grande créativité. Il s’agit de l’une des principales qualités du Québec en matière de TI, comme l’illustre la vitalité de notre secteur du jeu vidéo. « L’innovation et les technologies ne font certainement pas défaut au Québec », observe-t-elle.

Nicole Martel note que l’innovation caractérise également les solutions d’entreprise « made in Québec », qui se taillent la part du lion au sein de l’industrie. En effet, les organisations québécoises créent dix fois plus d’applications de gestion que d’applications de jeu, mentionne-t-elle.

L’industrie québécoise des TI possède donc des atouts. Dans un prochain article, nous examinerons comment le Québec doit en tirer parti.

Ressource

La créativité et l’innovation passent par une saine gestion. Consultez le rapport de Gartner intitulé Paramètres TI – optimisation des coûts en TI : perspectives pour les industries verticales (). (en anglais)

 

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