Calmer les esprits surchauffés par la 5G

Les spécialistes ont exagéré des aspects du prochain grand pas en avant des réseaux sans fil. Nous réfutons ici certains mythes pour considérer les réalités.

Share this article:

Le secteur des technologies réseau est surexcité par la prochaine génération attendue de réseaux sans fil, la 5G. Cette infrastructure mobile promet des téléchargements de données qui se mesurent en gigabits par seconde (Gbit/s), débit bien plus élevé que les relativement maigres mégabits par seconde (Mbit/s) des actuels réseaux 4G.

Mais le brouhaha autour de la 5G s’accompagne de quelques allégations qui ne sont pas tout à fait justes — les espoirs à l’égard des capacités et du délai de mise en œuvre de la 5G seront probablement déçus. Pour tenter de distinguer les faits des fanfaronnades, comparons quelques mythes à la réalité.

Mille fois plus? Non.

Des articles et des blogues d’experts font parfois état d’une vitesse de téléchargement de données mille fois plus élevée sur un réseau 5G qu’avec la LTE, principale technologie 4G en usage aujourd’hui. Cette comparaison est toutefois fausse. Dans une entrevue accordée à Fierce Wireless Europe l’été dernier, le porte-parole de l’Union internationale des télécommunications (UIT), Sanjay Acharya, a affirmé que le débit crête de données des IMT-2020 — nomenclature définie par l’organisation pour les technologies 5G — pourrait plutôt atteindre près de 10 Gbit/s. Une sacrée vitesse, mais pas mille fois supérieure à la LTE.

L’utilisateur canadien type de la LTE obtient un débit de 19 Mbit/s, indique la société de surveillance du marché Open Signal. Pour être mille fois plus rapide, la 5G devrait procurer un débit moyen de 19 Gbit/s.

20 Gbit/s? Non plus.

En parlant de vitesse, on trouvera aussi quantité d’articles mentionnant que selon les critères de l’UIT, un réseau dit 5G devrait assurer un débit de 20 Gbit/s. C’est faux. Nous avons posé la question à l’UIT. M. Acharya nous a répondu que l’organisation n’a pas établi de norme à ce sujet.

Pour 2018? Hum…

Voici un autre produit de l’hystérie collective : l’idée que les organismes de normalisation publieront d’ici quelques mois seulement les spécifications de base des réseaux 5G. Peut-être. Ceux qui suivent le dossier pensent que les normes seront arrêtées en 2018. Mais certains propos laissent à penser que les fournisseurs de services de communication seront prêts à activer le service 5G dès la publication des normes. Pas si vite. Selon Trusted Reviews, la plupart des estimations fixent l’avènement de la 5G en 2020.

La vérité au sujet de la 5G

Voici donc ce que l’on peut affirmer avec certitude sur la 5G.

Quelques fournisseurs de services de communication font actuellement l’essai de réseaux 5G. NTT DoCoMo du Japon a procédé à un essai en novembre avec Nokia, atteignant un débit de données maximal de 2 Gbit/s. Aux États-Unis, AT&T a annoncé qu’elle prévoit de tester le réseautage 5G d’ici la fin de 2016.

On ne sait rien encore des fournisseurs de services sans fil du Canada, mais dans un récent rapport, le fabricant d’équipement réseau Ericsson prédit que notre pays comptera parmi les premiers à adopter la 5G, avec les États-Unis, la Corée du Sud, le Japon et la Chine.

Nous pouvons aussi souligner que les réseaux 5G feront appel aux technologies de réseau défini par logiciel (SDN) et de virtualisation des fonctions de réseau (NFV), qui ajoutent une couche entre le matériel réseau et les fonctions de gestion afin d’assouplir l’infrastructure de communications. Sans les technologies SDN et NFV, la 5G ne pourrait offrir les débits de données élevés et la latence ultra-faible qu’on attend d’elle.

La 5G sera sans aucun doute plus rapide que la 4G, mais pas autant que certains le prédisent. Et oui, la 5G arrivera bientôt, si ce n’est aussi vite que prévu. Dans l’ensemble, la 5G sera un immense bond en avant dans le monde du sans-fil, même si elle ne répond pas aux attentes que suscite le battage massif à l’échelle  de l’industrie.

Image : Free Digital Photos

Share this article:
Comments are closed.