L’avenir du travail : les ingénieurs IdO, les analystes de registres de transactions et les scientifiques de vision artificielle

Nous sommes à la veille d’entrer dans une nouvelle ère informatique, où le nuage et les mégadonnées se combinent à l’intelligence artificielle et à de toutes nouvelles façons de concevoir les applications. Certains emplois vont donc disparaître ‒ mais ces technologies vont créer des postes complètement différents pour les professionnels des TI dans l’avenir.

Share this article:

Si quelqu’un vous avait dit en 2000 que des gens gagneraient leur vie en publiant des billets sur Twitter de 140 caractères puis en rédigeant des rapports sur le nombre de personnes les ayant lus, on vous aurait pardonné de rire. Cependant, de nos jours, vous ne pouvez lancer une pierre sans blesser un gestionnaire de médias sociaux.

Cela est vrai aussi pour les professionnels des TI. Nous sommes à la veille d’entrer dans une nouvelle ère informatique, où le nuage et les mégadonnées se combinent à l’intelligence artificielle et à de toutes nouvelles façons de concevoir les applications. Quels nouveaux postes ces technologies créeront-elles pour les professionnels des TI dans l’avenir et comment ceux-ci s’y adapteront-ils?

Des carrières axées sur les données

La science des données est une nouvelle catégorie d’emplois qui évolue à un rythme effréné, selon les recruteurs. Grâce à l’essor des mégadonnées et de l’analytique, l’industrie réclame une nouvelle génération de passionnés des chiffres qui savent aussi se servir de Hadoop.

« La demande est très forte dans le domaine de l’analyse de données, notamment pour des scientifiques, des modélisateurs et des analystes de données », affirme Tim Webb, directeur du cabinet d’experts-conseils en recrutement Robert Half Technology.

Le poste de « modélisateur de données » remonte au moins jusqu’à 2013, date à laquelle l’étude salariale de Robert Half Technology a été publiée, mais celui de « scientifique de données » n’est apparu qu’en 2015. En moyenne, le salaire des scientifiques de données a augmenté de 8,9 % entre 2015 et 2016, selon le cabinet, pour atteindre jusqu’à 153 750 $ ‒ par rapport à 138 250 $ l’an dernier.

« Comme le rôle des professionnels des TI n’est pas d’analyser le trafic Web des entreprises pour lesquelles ils travaillent et d’en tirer profit, nous constatons un réel besoin pour de véritables mathématiciens, autant experts en mathématiques qu’en gestion des affaires », déclare Travis O’Rourke, directeur régional de l’entreprise de recrutement Hays Canada.

Ces professionnels, que l’industrie financière avait l’habitude d’aller chercher dans les universités, s’orientent maintenant de plus en plus vers des postes technologiques, selon lui. En outre, ils aident de plus en plus souvent les entreprises à traiter des années de données accumulées et à les rentabiliser.

Des emplois passionnants dans un nouveau sous-secteur qui l’est tout autant : la réalité virtuelle

Beaucoup d’emplois parmi les plus récents et intéressants ne proviennent pas de grandes entreprises, fait valoir M. O’Rourke. Ils viennent plutôt de jeunes entreprises, car elles sont assez agiles pour déterminer et prendre des risques concernant de nouvelles technologies prometteuses qui n’ont peut-être pas encore été éprouvées. Alors, quoi de mieux qu’AngelList, le forum en ligne pour les entreprises naissantes à la recherche de financement ‒ et de personnel ‒, pour dénicher un emploi passionnant?

La recherche de nouvelles technologies révolutionnaires permet de découvrir des emplois qui n’auraient pas existé il y a quelques années en dehors de certains laboratoires obscurs d’universités. La situation change, maintenant que la réalité virtuelle et augmentée gagne en popularité avec des dispositifs tels que Microsoft HoloLens, Oculus Rift, Sony PlayStation VR et HTC Vive, dont le lancement aura lieu cette année.

Les emplois dans le secteur de la réalité virtuelle font leur apparition sur le marché commercial. Un exemple de cela sur AngelList concerne la publication d’annonces à l’intention des « scientifiques de vision artificielle », sollicitant une nouvelle génération de spécialistes capables de faire voir des choses aux ordinateurs dans le monde réel et d’y superposer des images numériques.

En fin de compte, cependant, les postes en réalité virtuelle cibleront en fait les passionnés de la conception ayant des compétences supplémentaires. Les postes de programmeur dans ce domaine exigent des aptitudes en traitement d’image et en modélisation 3D, ainsi qu’une compréhension poussée des trousses de conception logicielle offertes par les principaux acteurs de l’industrie, en plus d’un solide bagage en matière de jeux avec des systèmes comme Unity.

Des nouveaux postes sur le marché

Cela vaut aussi pour d’autres nouveaux secteurs technologiques, par exemple l’Internet des objets (IdO). Une nouvelle technologie ne crée pas nécessairement un tout nouveau poste. Cela se résume tout simplement parfois à l’apport de légères modifications et améliorations.

Cet utilisateur de Quora, un vétéran IdO depuis 15 ans, dit vrai lorsqu’il affirme qu’on ne devient pas un ingénieur IdO. Vous choisissez plutôt des disciplines traditionnelles portant sur des concepts IdO, comme les systèmes intégrés, et les appliquez en usant de quelques compétences pertinentes, en matière de capteurs d’interface par exemple, au monde réel. Puis, vous décrochez un emploi à titre d’ingénieur en systèmes intégrés au sein d’une entreprise axée sur l’IdO.

Certains emplois exigent vraiment des compétences peu répandues, pour combler des postes qui n’existaient tout simplement pas il y a cinq ans. De nos jours, les cabinets d’experts-conseils et les institutions financières publient des annonces destinées aux personnes qui possèdent les compétences parmi les plus pointues qui soient : les spécialistes en registres de transactions (blockchain).

Aux dernières nouvelles, la Banque Scotia recherchait des analystes commerciaux et des chefs d’équipe technique en registres de transactions, tout comme Deloitte Canada. Cette catégorie d’emplois relativement nouvelle, découlant de la technologie bitcoin (cryptomonnaie), s’élargit au fur et à mesure que des établissements financiers et autres institutions constatent les avantages des algorithmes cryptographiques décentralisés. Ces nouveaux systèmes permettent à de nombreux participants dans un réseau d’interagir directement entre eux sans un arbitre central, même s’ils ne se connaissent pas ou ne se font pas confiance.

Faire preuve d’intelligence

Une autre catégorie d’emplois qui nécessite de nouvelles compétences considérables est l’intelligence artificielle. Cette catégorie, qui pendant fort longtemps relevait des universitaires et des applications spécialisées, a littéralement explosé avec l’informatique en nuage qui a rendu des concepts comme l’apprentissage machine beaucoup plus accessibles, d’où l’émergence de titres comme celui d’« ingénieur en apprentissage machine ».

Ces postes spécialisés en ingénierie logicielle sont souvent propres à une industrie particulière. Un emploi donné peut nécessiter un expert en vision artificielle pour du traitement vidéo, par exemple, alors qu’un autre peut être axé sur la fabrication de robots plus intelligents.

Ces postes comporteront souvent des compétences en mégadonnées, puisque les machines doivent être programmées pour traiter de gros volumes de données dans le cadre de leurs algorithmes d’apprentissage machine.

Les emplois amenés à disparaître

Ces nouveaux emplois sont tous très prometteurs dans un monde où un très grand nombre de cycles CPU gravitent vers le nuage, et où il est permis de penser pour le personnel de TI que tous les postes sont impartis. Mais les perspectives d’avenir sont effectivement sombres. Certains emplois sont moins en demande qu’ils ne l’étaient et pourraient disparaître complètement. Si vous êtes technicien en soutien matériel, méfiez-vous, prévient M. O’Rourke.

« Tout poste traditionnel de soutien matériel, autre que celui de technicien classique sur place, va dans le nuage et n’en revient jamais », conclut-il.

Dans le domaine de la technologie, peut-être plus que dans tout autre, les plus forts doivent s’adapter pour survivre. Alors que certains emplois s’évaporent dans le nuage et que d’autres en découlent, il est peut-être temps pour ceux dont les compétences sont menacées d’abandonner leurs tournevis ‒ et de choisir un autre cheminement de carrière.

Image : Free Digital Photos

Share this article:
Comments are closed.