Les paiements mobiles : une révolution commerciale en marche

Partie 1 – Enjeux et perspectives du paiement mobile

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L’explosion des technologies mobiles transforme l’engagement des clients. Cette année, le nombre de téléphones intelligents et de tablettes en cours d’utilisation dépassera le nombre des propriétaires d’ordinateurs PC, selon une étude de IDC Canada.

Les appareils mobiles vont transformer le paysage informatique, et il y aura plusieurs appareils plutôt qu’un seul qui deviendront la norme, en entreprise comme à la maison, selon Tony Olvet, v-p de groupe, IDC Canada. Les fabricants ne vont pas cesser de fabriquer des ordinateurs personnels, mais ils les concevront de plus en plus comme des appareils mobiles. À titre d’exemple, on prévoit que le pourcentage des PC qui offriront des écrans tactiles passera en 2014, de 3,7% au début de l’année à 24% à la fin de cette année. L’impact se fera aussi sentir au travail puisque environ 30% des employés utiliseront leur propre tablette au travail d’ici la fin de cette année.

Tous les consommateurs veulent maintenant être en mesure de d’interagir avec un produit, un service ou un établissement n’importe où, n’importe quand et de n’importe quel endroit. Pour répondre à ces besoins, les entreprises doivent adapter leurs services au monde numérique, un environnement beaucoup moins coûteux, plus rentable et qui offre un éventail de possibilités.

Au Canada, selon une étude réalisée par Technology Strategies International Inc., les paiements mobiles ont dépassé depuis le début de cette année les paiements effectués avec une carte sans contact comme segment de croissance le plus rapide dans le marché canadien des paiements de consommation. Le rapport intitulé Canadian Payment Forecast – 2014 révèle entre autres que 22% des propriétaires de téléphones intelligents ont effectué un paiement avec leur appareil mobile au cours des six derniers mois, et 40% d’entre eux ont effectué plus d’une transaction par mois avec leur appareil.

Obstacles à l’expansion du paiement mobile 

Les consommateurs deviennent de plus en plus à l’aise à l’idée d’utiliser leur téléphone mobile pour effectuer un paiement, mais la majorité de ces opérations concernent des paiements à distance et non en magasin. Le faible taux d’utilisation en magasin découle de plusieurs facteurs :

  • Seuls un nombre limité de téléphones intelligents sont présentement compatibles avec un service NFC (Near Field Communication) en magasin. On estime ce nombre à environ 1 appareil sur 8 en 2014. Mais ce problème devrait se résoudre d’ici 2 ans parce que tous les nouveaux appareils qui utilisent la plateforme Android et les BlackBerry 10 sont compatibles; pour le iPhone, ce n’est pas encore le cas;
  • Il y a une rareté relative de « portefeuilles mobiles » qui offrent des solutions de paiement mobile crédibles pour les consommateurs. L’absence de services généraux multi-paiement et de portefeuilles mobiles performants offerts par plusieurs institutions financières et accessibles à partir des principaux fournisseurs de réseaux ne crée pas un environnement favorable au développement du paiement mobile chez les détaillants;
  • Il y a encore très peu de commerces qui ont investi pour se doter d’appareils NFC qui leur permettent d’offrir un service de paiement mobile en magasin à leurs clients.

Dans le contexte actuel, même si le marché est important – les transactions au comptant de moins de 20$ représentent plus de 90 milliards $ par année – et si les canadiens semblent prêts à s’y engager, le paiement mobile ne reflète pas une nécessité mais plutôt un choix du consommateur.

Depuis le début de 2014, les clients de Tim Horton peuvent utiliser leur BlackBerry 10 ou un appareil exploitant la plateforme Android de Google pour faire leurs paiements dans plusieurs magasins de la chaîne. Mais ces résultats sont encore très limités et ils doivent être analysés en tenant compte du contexte particulier de notre pays.

Au Canada, les grandes banques et institutions financières, qui jouissent d’une jouissent d’une forte crédibilité en matière de sécurité et de stabilité, ont toujours joué un rôle déterminant dans le développement et l’implantation des nouveaux outils financiers transactionnels comme les cartes de crédit et de débit ou le déploiement de services comme PayPass pour payer dans certains commerces.

Elles sont toutes engagées dans la recherche de la meilleure solution pour offrir à leurs clients un portefeuille mobile et une technologie éprouvée et efficace pour effectuer des paiements sans contact en utilisant les téléphones intelligents ou les tablettes.

Quant aux marchands, ils sont, pour la majorité d’entre eux, très conscients de l’évolution des tendances ils souhaitent déployer des terminaux de paiement sans contact dès qu’ils sauront que les institutions financières auront entrepris de faire la promotion d’une solution universelle ou de solutions équivalentes. Parce que, tant qu’il y aura une multitude de solutions proposées, les experts prédisent que le taux de pénétration du paiement mobile demeurera faible parce que la vaste majorité des canadiens veulent qu’on leur offre une solution pratique, sécuritaire, et utilisable partout. La présence d’une offre trop fragmentée réduit aussi l’intérêt des marchands à faire les investissements requis pour installer les terminaux.

Pour être en mesure d’offrir aux consommateurs un service de paiements mobiles fiable, efficace et sécuritaire, les institutions financières comme les détaillants doivent disposer en tout temps d’un réseau de communication de base extrêmement performant, protégé et de grande capacité. Car le réseau de l’entreprise constitue l’épine dorsale de tout développement d’une stratégie de paiement mobile.

Accélération prévue d’ici 2018

La situation du paiement mobile devrait évoluer rapidement au Canada au cours des prochaines années puisqu’on prévoit qu’en 2018:

  • plus de 50% des téléphones intelligents seront en mesure de se lier à des terminaux NFC,
  • les banques et les institutions financières canadiennes auront convenu d’une plateforme commune ou de plateformes compatibles et en auront entrepris le déploiement sur une grande échelle,
  • le nombre de terminaux de paiement sans contact augmentera sensiblement dans les commerces partout au pays, et
  • les cartes sans contact qui existent présentement migreront vers des plateformes mobiles.

Le déploiement du paiement mobile offrira des possibilités immenses aux entreprises de commerce détail. Ils pourront personnaliser les expériences de leurs clients en recueillant des données précieuses à chaque transaction. Des systèmes de paiement en libre-service pourront aussi être installés dans de nombreux endroits (stationnement, commerces de détail, machines distributrices, lave-auto, accès internet, kiosques de billets de spectacles ou billets de transport, kiosque de location de véhicules, postes d’essence, etc.).

Le réseau au cœur du changement

Le paiement mobile présente tellement d’avantages pour les consommateurs, les marchands et les institutions financières qu’il est certain qu’il connaîtra une très forte expansion au cours des prochaines années. Encore une fois, les réseaux et la technologie entraîneront une nouvelle révolution dans le commerce de détail.

Pour assurer leur succès dans le nouvel univers des paiements mobiles, les détaillants et les institutions financières doivent bien choisir leurs partenaires fournisseurs de réseau et d’applications en s’assurant d’abord qu’ils comprennent clairement les objectifs d’affaires de l’entreprise

. Les dirigeants doivent être très prudents face aux promoteurs de solutions intégrées qui veulent faire entrer leurs besoins d’affaires dans les solutions qu’ils commercialisent. La priorité doit être d’identifier les solutions qui répondent aux besoins réels de l’entreprise et non l’inverse.

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