Les pipelines numériques que doivent bâtir les sociétés gazières et pétrolières

La vidéo et les communications machine à machine offrent aux sociétés énergétiques la surveillance constante dont elles ont besoin parmi leurs divers emplacements, mais il reste des défis à relever. Des gens de Cisco et des analystes de NSR discutent des options possibles

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Lorsqu’il est question d’extraire le pétrole du sol, rien n’est simple. Un tel défi d’ingénierie, qui consiste à retirer l’or noir piégé dans les sables bitumineux de l’Alberta, ne représente que la pointe de l’iceberg. Les sociétés du secteur énergétique doivent aussi s’assurer que les milliers de kilomètres de pipeline sont en bon état et respectent les exigences sévères en matière de sécurité et d’environnement, en plus de convaincre les Canadiens les plus sceptiques de les laisser travailler dans leur « arrière-cours ».

Comme les jours de la prospection libre sont loin derrière nous, la seule façon de gérer ces installations qui s’étendent à l’échelle du continent – pipelines, centres de contrôle, camps de travail et emplacements isolés – consiste à se tourner vers les communications à distance : liaisons hertziennes, satellites, liaisons numériques sans fil et, dans bien des cas, connectivité optique. Le moyen choisi est invariablement déterminé par la distance de l’emplacement, la nature du travail et, bien sûr, le coût.

La vidéo et les détecteurs intelligents ont la cote

Les emplacements pétroliers et gaziers, les camps de travail et les pipelines nécessitent  une surveillance constante. La vidéo, essentiellement la télévision en circuit fermé (CCTV), est utilisée parallèlement aux détecteurs machine à machine dans de nombreuses applications, qui vont de la surveillance vidéo du puits à l’obtention de lectures analogiques de la pression, en passant par la mesure des débits. La vidéo est aussi fortement utilisée à des fins juridiques et de sécurité.

Alors, que faut-il changer? Cela dépend de la personne à qui vous posez la question. Cisco Canada indique que les détecteurs actuellement utilisés pour les pipelines gaziers et pétroliers sont encombrants : ils enregistrent des données de façon isolée et doivent être physiquement retirés afin d’en extraire l’information. Une meilleure approche, selon Bjoern Schmidt, directeur, Investissements stratégiques chez Cisco Canada, consisterait à installer de la fibre optique tout le long des pipelines, qui pourrait ainsi transmettre les données en temps réel aux exploitants. De plus, en ce qui concerne la sécurité, l’ajout de la vidéo remplacerait avantageusement la surveillance par drones ou par l’envoi périodique de membres du personnel, simplement pour vérifier le bon état des lignes.

Autre avantage conféré par la fibre optique le long des pipelines? Une largeur de bande plus élevée dans des collectivités éloignées, offrant entre autres aux habitants la largeur de bande nécessaire aux applications de télémédecine et aux projets d’apprentissage électronique, a ajouté M. Schmidt.

« Pourquoi les sociétés qui bâtissent les pipelines ne bâtiraient-elles pas aussi un pipeline numérique ou raccordé le long du pipeline traditionnel, qui pourrait être utilisé de multiples façons? »

Bien qu’elle constitue la manière la plus économique de fournir une largeur de bande plus élevée, il arrive que la fibre optique ne soit pas accessible dans les endroits éloignés. C’est pourquoi la connectivité par satellite est une technologie indispensable dans l’ensemble du secteur énergétique. Les satellites sont habituellement les premiers en service, et sont maintenus même dans les exploitations avancées, où ils servent de systèmes de relève pour les projets gaziers et pétroliers.

Parallèlement, le coût de la largeur de bande par satellite a diminué de façon très nette au cours des dernières années; à un point tel qu’il est devenu économiquement faisable pour les sociétés gazières et pétrolières d’en faire de plus en plus usage, a expliqué Jose Del Rosario, analyste principal chez Northern Sky Research (NSR) – une firme de consultation et d’étude de marché spécialisée dans l’industrie du satellite. Jose Del Rosario indique qu’à l’avenir, on pourrait voir des entreprises du secteur utiliser de plus en plus la CCTV fondée sur la transmission satellite, qui reste pour le moment très coûteuse et en général utilisée sur demande uniquement.

« Le système se déclencherait si, disons, une alarme se faisait entendre sur la bande L. La CCTV s’allumerait alors pour indiquer, disons, qu’il y a une fuite; vous pourriez ainsi la voir à l’écran, une fois l’alarme déclenchée » explique-t-il.

« Dans l’avenir, avec une largeur de bande par satellite plus élevée et beaucoup moins dispendieuse, la CCTV pourrait être utilisée pendant des durées bien plus longues. »

Si, toutefois, la fibre optique est accessible à l’emplacement, le coût peut être suffisamment bas pour faire fonctionner la vidéo 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Ceci est particulièrement vrai si l’on souhaite bénéficier d’une vidéo de haute qualité.

« Il y a un besoin à la fois pour l’ajout de caméras aux emplacements à des fins de sécurité sur place et pour des caméras à haute définition à des fins de capacités diagnostiques », a ajouté Brad Grady, également analyste principal chez NSR. « Les responsables de l’exploitation veulent être en mesure d’obtenir une image en haute définition afin de détecter la présence de flaques sur le sol ou d’autres conditions anormales.

« Comme la plupart des techniciens sur place n’ont pas de formation pour diagnostiquer ce genre de problème, ils peuvent utiliser les caméras à haute définition pour signaler les cas de non-conformité, et partager l’information par téléconférence avec les ingénieurs d’un centre d’exploitation du réseau, qui pourront, eux, cerner le problème », conclut-il.

 

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