L’évolution des TI dans le secteur pétrolier et gazier : entre vision et pragmatisme

Fibre optique, liaisons satellite et réseaux filaires – tous aident les sociétés énergétiques à mettre en place de nouveaux sites d’exploitation. Des analystes de NSR expliquent les tendances dans ce domaine.

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Il suffit d’examiner le plan des réseaux de télécoms dans le secteur des champs pétrolifères bien établis de l’Alberta pour y constater la largeur de bande immédiate offerte par la fibre optique. En effet, quand il est possible d’en installer, la fibre optique s’avère toujours l’option la plus économique, bien moins onéreuse que les liaisons par satellite.

Cela dit, les systèmes satellite occupent encore une place de première importance dans l’exploration et la production pétrolières et gazières. Ils constituent évidemment le seul moyen de communication dans les zones reculées. Toutefois, même dans les exploitations pétrolières de l’Alberta bien desservies par les réseaux terrestres, les entreprises conservent leurs systèmes de connectivité par satellite.

Jose del Rosario, analyste principal de Northern Sky Research (NSR) – une firme d’étude de marché et de consultation spécialisée dans le domaine du satellite – explique comment les projets d’exploitation pétrolière ou gazière évoluent habituellement.

« En l’absence d’infrastructure, les zones inexploitées sont d’abord desservies par liaisons satellite pendant un certain temps, puis, lorsqu’une collectivité s’implante et qu’on commence à produire et à mettre en place des sites cellulaires, les communications passent aux réseaux terrestres 3G et les liaisons satellite deviennent secondaires. »

Il ajoute que, lorsque la collectivité est ultimement desservie par des réseaux optiques ou filaires, les liaisons satellite passent à une fonction de relève.

Mais cela ne veut pas dire que l’un va sans l’autre, pas plus que le téléphone intelligent ne remplace l’ordinateur portable. En fait, Brad Grady affirme que « les liaisons satellite ont toujours bien complété d’autres technologies ».

Pour les entreprises du secteur pétrolier et gazier, dont bon nombre emploient les deux modes de communication, les systèmes satellite sont indispensables pour conférer la plus grande portée possible au réseau, explique-t-il.

« En fait, les emplacements distants sont de moins en moins abordés comme des installations éloignées, mais sont plutôt vus simplement comme d’autres points dans le réseau », fait remarquer M. Grady, lui aussi analyste principal chez NSR. « Et, justement, la liaison satellite est extrêmement importante pour étendre le réseau à de tels emplacements distants. »

Attraction et résistance

Peut-on vraiment qualifier une technologie de « nouvelle » avant qu’elle n’ait concrètement été mise à profit? Cisco et les analystes de NSR s’entendent pour dire que les sociétés pétrolières et gazières n’adoptent pas d’emblée le nouveau matériel ou les logiciels d’automatisation même si elles misent sur des liaisons optiques ou par satellite.

Cependant, M. Grady précise que « ces entreprises ne font pas nécessairement preuve de négligence lorsqu’elles tardent à suivre les tendances en matière de technologie ou d’innovation; elles agissent par simple prudence ».

C’est la mentalité « pourquoi changer une formule gagnante? » qui freine le désir de transformation et de changement dans ce secteur, explique-t-il.

Pourtant, dans bien des secteurs réputés prudents — par exemple le secteur bancaire —, l’innovation a fini par faire son chemin, malgré une certaine résistance au départ, pour différentes raisons. Ainsi, les banques canadiennes se sont vues pratiquement obligées par leurs employés d’entrer dans le monde des médias sociaux et de se tourner vers des plates-formes de collaboration commerciale, avant de se retrouver devant un problème potentiel.

Ensuite, il y a les consommateurs. Certains détaillants qui avaient d’abord mis des années à lancer un site Web vendent maintenant leurs produits en ligne et interagissent en temps réel avec leur clientèle.

Les entreprises du secteur pétrolier et gazier échappent peut-être à ce type de pressions, mais devront un jour ou l’autre relever un défi d’un autre ordre. Certaines entreprises énergétiques plus audacieuses qui, par exemple, investiront plus dans la vidéo, les capteurs intelligents et l’amélioration des logiciels d’automatisation se donneront ainsi une longueur d’avance sur leurs concurrents, qui n’auront alors d’autre choix que de tenter de rattraper l’écart.

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