Trois CIOs discutent de la façon de satisfaire les attentes commerciales

Les dirigeants des services de TI de la Banque Scotia, L’Oréal et la Ville de Vancouver montent sur scène lors du congrès Mobile Enterprise pour aborder le thème de la transformation numérique

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Il est fascinant d’observer l’ascension des chefs des services informatiques. Lorsque j’ai commencé à faire du journalisme technologique – à l’époque du Moyen-Âge – le chef de la direction et le chef des Finances tenaient quasiment à eux seuls le haut de l’affiche. Il pouvait arriver que le chef du Développement technologique soit interviewé s’il travaillait pour une importante société de logiciel ou de biotechnologie, mais, sinon, le dirigeant des technologies de pointe ou des services de TI n’était pas sous les feux de la rampe.

Aussi, c’est un plaisir de voir qu’un chef des services informatiques peut aujourd’hui occuper le devant de la scène pour exprimer son point de vue. D’ailleurs, ce n’est pas un, mais trois chefs des services informatiques canadiens qui se sont réunis pour animer une table ronde lors du congrès Mobile Enterprise qui s’est récemment tenu à Toronto.

À en juger leur conversation à trois, on pourrait presque dire que le principal enjeu auquel sont confrontés les chefs des services informatiques au Canada se résume à leur capacité de satisfaire les attentes.

À titre de chef des Services informatiques pour le compte de la Ville de Vancouver, le conférencier Mark McDonald travaille dans le secteur public. Pourtant, il se démène tout autant que ses collègues du secteur privé pour répondre aux attentes des clients – déjà vertigineuses et dont la croissance est fulgurante dans cette ère numérique.

« Autrefois, il nous suffisait de promouvoir nos services auprès des citoyens… mais aujourd’hui ils veulent des services sur mesure », a-t-il précisé.

Comme son co-conférencier Nadir Belarbi l’a ajouté, les chefs des services informatiques font également face à des attentes accrues au sein même leur propre organisation.

« Les membres de la haute direction ont parfois l’impression que c’est (le numérique est) facile et rapide à bâtir. Or, ce n’est pas le cas. », de préciser M. Belarbi, chef des Services informatiques chez L’Oréal Canada.

Comment un chef des services informatiques peut-il satisfaire ces attentes internes et externes de plus en plus exigeantes?

D’après le troisième conférencier, on peut bien essayer de réunir l’équipe des services de TI et les dirigeants de l’entreprise dans la fameuse salle de réunion.

« Vous devez contribuer à améliorer la collaboration en réunissant ces personnes-là. », a souligné David Del Giudice, vice-président international des Systèmes et solutions, Ressources humaines à la Banque Scotia.

(Comme il l’a expliqué, le chef des services informatiques de la banque partage ses tâches avec les divers membres de la direction dont les titres reflètent l’unité d’affaires qu’ils supervisent.)

La collaboration interne pourrait aplanir les barrières au sein de votre organisation, a précisé M. Del Guidice. Il ajoute : « Elle pourrait rendre le processus de conception des services de TI plus souple si vous pouviez entendre simultanément les besoins de tous les utilisateurs dès le départ. Plus important encore, cela pourrait obliger chaque personne impliquée à examiner la façon dont toutes les composantes de l’entreprise pourraient être transformées sur le plan numérique.

Des propos approuvés par M. Belarbi qui a expliqué qu’il essayait de bâtir d’étroites relations avec tous les membres de la haute direction et les directeurs du marketing de l’ensemble des unités d’affaires chez L’Oréal Canada. En adoptant une approche plus axée sur la collaboration, les chefs des services informatiques « sont considérés comme des catalyseurs plutôt que comme de simples responsables », a souligné M. Belarbi.

Quant à lui, M. Del Giudice a rappelé qu’il y a quelques années tout le monde se posait cette question : « Que vont devenir les chefs des services informatiques? ». De plus en plus, une nouvelle question se substitue à celle-là : « Quels sont nos objectifs d’un point de vue numérique? ».

Plutôt que de réfléchir à cette question dans leur coin, les chefs des services informatiques devraient la poser aux directeurs de l’ensemble de l’entreprise, a fait remarquer M. Del Giudice.

« Apprenez à quoi ressemble une transformation d’entreprise réussie et vous deviendrez l’instigateur de ce changement du point de vue des TI », a-t-il déclaré. Il a, par exemple, recommandé aux participants de rattacher leur stratégie de mise en œuvre mobile à d’autres secteurs de l’entreprise, où elle permettrait de générer des revenus ou de réduire les coûts de façon considérable.

Cela semble refléter les résultats du Recensement 2015 de CanadianCIO réalisé en septembre auprès de 147 chefs des services informatiques et principaux dirigeants des services de TI. Les directeurs des services de TI qui participent toujours aux réunions de la direction ont vu leur budget de TI augmenter de 6,2 pour cent, soit près du double de la hausse de 3,2 pour cent accordée à ceux qui sautent parfois ces rencontres. Par ailleurs, 75 pour cent des participants ont affirmé qu’ils étaient « tout à fait d’accord » avec l’énoncé selon lequel les dirigeants des différents secteurs d’activité étaient plus aptes (qu’eux) à vendre des produits technologiques aux dirigeants de l’entreprise.

Vous vous rappelez que vous vous demandiez quand les chefs des services informatiques auraient un siège à la table des négociations? On dirait bien qu’ils l’ont obtenu. Cela dit, siéger à cette table ne suffit peut-être pas. Pour bâtir une véritable analyse de rentabilisation à l’appui de leur vision des services de TI, ils pourraient devoir tendre la main à ceux qui siègent à l’autre bout de la table afin d’établir des rapports plus étroits avec ces personnes-là.

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