Trois défis que Marissa Mayer, la nouvelle chef de la direction de Yahoo, partage avec les directeurs des services de TI


Quand Marissa Mayer a été nommée chef de la direction de Yahoo la réaction de l’industrie des TI a déferlé en deux vagues qui se sont succédés rapidement. Le choc causé par la surprise – un membre de Google qui passe à la concurrence et, qui plus est, une femme! – a presque immédiatement fait place à un sentiment de consternation. Pourquoi quiconque, et à plus forte raison une personne aussi talentueuse et ambitieuse que Marissa Mayer, voudrait-il se joindre à une entreprise qui semble sur le point de sombrer?

Lorsqu’elle prendra la barre, mardi, Mme Mayer fera face à une situation qui, même si elle se joue à une plus grande échelle, n’est pas très différente de celle que vivent bon nombre des chefs de la direction et directeurs des services de TI qui se joignent à une entreprise et prennent la relève après une longue histoire de luttes stratégiques, d’échecs et de faux départs. Elle devra composer non seulement avec le manque de temps, l’absence de ressources optimales et la courbe d’apprentissage habituelle de tout nouveau leader, mais aussi avec un mur de scepticisme et tous ces observateurs pessimistes qui ont vu les hauts dirigeants se succéder chez Yahoo.

Les professionnels des TI ont sans aucun doute des difficultés moins titanesques à aplanir que Mme Mayer, mais si vous considérez ce qui suit, vous constaterez que, à l’exemple de Mme Mayer, cela vaut la peine de s’attaquer à des défis qui semblent parfois impossibles à relever :

  • Les cauchemars des technologies d’ancienne génération – Yahoo est encore une jeune entreprise selon la plupart des normes du classement Fortune 500, mais elle possède un vaste portefeuille de produits et services qui – même si le rendement n’est pas toujours au rendez-vous – reflète une philosophie bien implantée visant à poursuivre les occasions d’affaires. Tout comme Mme Mayer, qui devra analyser ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, les directeurs des services de TI sont souvent submergés par la complexité du matériel et des logiciels, et doivent démêler un fouillis auquel ils n’ont en rien contribué. Il est donc préférable d’aborder la situation avec assurance et détermination, avec les lumières d’une personne expérimentée venant de l’extérieur, ce qui est précisément ce que Mme Mayer représente pour Yahoo.
  • Le moral qui bat de l’aile – Il n’est jamais facile de subir des vagues de licenciements comme celles que Yahoo a connues, sans parler d’une couverture médiatique constamment négative. Quand la technologie a régulièrement déçu les attentes, les directeurs des services de TI et les chefs des services informatiques peuvent faire face à une attitude de suspicion et d’hostilité ouverte de la part des intervenants avec qui pourtant ils doivent établir de solides relations. La seule façon de combattre cette morosité est de mettre l’accent sur l’occasion de prendre un nouveau départ. Observez Mme Mayer courtiser les employés, les actionnaires et les partenaires de Yahoo!
  • Les pressions de la concurrence – Il fut un temps où les dirigeants des TI étaient chargés de faire fonctionner un ensemble d’outils standard destinés aux utilisateurs de l’entreprise. Ils doivent maintenant concevoir des stratégies innovatrices qui permettront à leur entreprise de se distinguer de la concurrence. Mme Mayer vient d’une société largement considérée comme l’une des plus créatives après Apple, et l’un de ses plus grands défis consistera justement à favoriser les idées audacieuses et à proposer des offres avant-gardistes du même niveau que celles de Google.

L’idée de quitter une entreprise phare pour une autre qui paraît traverser une crise d’identité peut sembler étrange, mais Mme Mayer a compris qu’il y a beaucoup à apprendre et à accomplir en relevant de gros défis. Il faut dire que peu de chefs des services informatiques et de directeurs des services de TI ont l’occasion de travailler chez un leader de l’industrie. Les meilleurs d’entre eux savent que leur croissance – professionnelle et personnelle – sera assurée en développant au maximum un potentiel non réalisé. Le fait de participer aux débuts d’une société comme Google peut mener bien des gens à y rester toute leur vie. Inspirez-vous de l’exemple de Marissa Mayer qui a décidé, malgré tout le succès qu’elle a déjà obtenu dans sa carrière, de poursuivre sa quête de l’excellence.

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