Trois forces qui bouleverseront les entreprises canadiennes

Deloitte affirme que l’intelligence artificielle, la robotique, l’impression 3D et les outils de collaboration pourraient surprendre les entreprises qui n’y sont pas préparées.

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Vous devriez vraiment rencontrer Ross, qui travaille comme adjoint juridique. Vous pouvez simplement lui poser une question de droit dans un langage clair et il vous fournira instantanément une réponse et des références pertinentes concernant une cause en particulier. Ross met aussi à jour sa base de données en temps réel et avise les utilisateurs de toute nouvelle cause liée à leur question d’origine.

Ross n’est cependant pas une véritable personne : il s’agit d’une application. Des étudiants de l’Université de Toronto l’ont créé durant un concours qui leur donnait accès en nuage au superordinateur Watson d’IBM. Dans un rapport détaillé, Deloitte Canada cite Ross comme un exemple illustrant la manière dont les technologies évoluées (dans ce cas-ci, l’intelligence artificielle) révolutionnent diverses industries canadiennes (ici, la profession juridique).

Deloitte explique ainsi comment l’intelligence artificielle et quatre autres technologies – la robotique de pointe, l’impression 3D, l’Internet des objets et les plates-formes de collaboration/d’externalisation ouverte (crowdsourcing) – révolutionnent les secteurs d’activité partout dans le monde.

Intelligence artificielle : L’intelligence artificielle peut aider les entreprises à résoudre des problèmes plus rapidement que jamais et « a maintenant la capacité de remplacer l’homme » dans le domaine de la comptabilité, de l’ingénierie et du droit, selon Deloitte.

Robotique de pointe : Les robots peuvent « exécuter de nombreuses tâches de plus en plus complexes, 24 heures sur 24, sept jours sur 7, sans pour autant qu’ils aient à prendre des pauses, des vacances ou des assurances ou à négocier leur contrat. (Leur) impact sur des secteurs comme l’agriculture, l’énergie et la sécurité commence à peine à être compris », affirme Deloitte.

Internet des objets : L’écosystème de capteurs en temps réel et de réseaux mobiles permettra instantanément aux entreprises « de fournir des produits et des services qui s’adaptent immédiatement aux besoins et aux préférences de leurs clients », révèle l’étude.

Impression 3D : Les entreprises pourront fabriquer des produits personnalisés pour les consommateurs, sur place et sur demande, et, ainsi, « auront moins besoin d’usines, d’entrepôts et d’agents d’expédition », prédit Deloitte.

Collaboration/externalisation ouverte : Les entreprises peuvent puiser dans un bassin vraiment infini de talents et d’idées, ce qui leur permet de réduire leurs frais d’embauchage et de déplacement tout en étendant leur puissance créatrice.

Tout cela est extrêmement prometteur. Mais l’ennui, c’est que Deloitte affirme qu’un pourcentage ahurissant d’entreprises canadiennes parmi les 700 qu’elle a interrogées, soit 97 pour cent, « sont non préparées » (« bien malheureusement, dans de nombreux cas », ajoute-t-elle) pour traverser la révolution technologique qui s’annonce. Deloitte fait même la sinistre prédiction que « beaucoup de ces entreprises qui manquent de préparation ne survivront pas ».

L’essentiel de la recherche menée par Deloitte repose sur le fait que ces technologies révolutionnaires peuvent offrir d’incroyables possibilités de croissance aux entreprises canadiennes… mais seulement si ces dernières sont préparées pour faire face à un tel bouleversement.

Deloitte suggère donc des mesures que les entreprises canadiennes peuvent prendre pour se préparer à cette éventualité. Par exemple, de se renseigner sur ces technologies révolutionnaires; de les adopter; d’investir dans la recherche et le développement; de se concentrer sur les marchés nationaux et internationaux plutôt qu’uniquement locaux; d’encourager et de récompenser l’innovation; de la rechercher à l’externe grâce à l’externalisation ouverte et à la collaboration; ou encore, d’être agile sur plan organisationnel.

Encore une fois, ce sont toutes de bonnes idées, même si je ne peux m’empêcher de me demander si ces objectifs sont réalistes à l’heure actuelle, étant donné la situation à laquelle de nombreux directeurs de TI font face actuellement. Pour poursuivre sur le thème du droit avec lequel j’ai commencé, voici quelques faits qui pourraient soulever à tout le moins des petits doutes raisonnables à ce sujet.

Première pièce à conviction : Les budgets en matière de TI diminuent et changent. Gartner Inc. prédit que 50 pour cent de toutes les dépenses de TI s’inscriront en dehors du budget des services de TI d’ici 2017. Et même si vous interprétez cela comme une décentralisation des TI et leur meilleur alignement sur les activités d’entreprise, Gartner affirme que les dépenses globales de TI chuteront vraisemblablement de 1,3 pour cent dans l’ensemble cette année.

Deuxième pièce à conviction : Les chefs de services informatiques manquent de temps. Bien que Gartner suggère que les chefs de services informatiques devraient se concentrer davantage à pratiquer un leadership visionnaire et moins sur le « fonctionnement du service de TI », son sondage de 2015 auprès d’eux révèle que, de nos jours, ils consacrent cinq pour cent plus de temps qu’en 2011 uniquement pour gérer les affaires courantes.

Qui n’aimerait pas tirer profit d’une application innovatrice comme Ross pour sa propre entreprise? Trouver le temps et l’argent nécessaires à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une telle application peut cependant s’avérer difficile, du moins dans l’environnement de TI actuel.

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