Votre entreprise sera-t-elle attaquée par des astéroïdes ou des punaises de lit?

SEMAINE DE LA SENSIBILISATION À LA POURSUITE DES ACTIVITÉS. Cela peut paraître invraisemblable, mais les menaces pour l’infrastructure des TI peuvent désormais inclure n’importe quoi, des « objets géocroiseurs » aux infestations d’insectes. Voici comment définir vos priorités.

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Une situation de crise peut se définir comme un événement ou une succession d’événements imprévus qui ont des effets indésirables particuliers. La planification des mesures d’urgence couvre habituellement un éventail complet de menaces et de dangers, incluant les attaques terroristes locales, les catastrophes d’origine naturelle ou humaine, les interruptions accidentelles et autres situations d’urgence. En revanche, la poursuite des activités nécessite parfois une approche « fondée sur les conséquences », qui doit porter non seulement sur les types de dangers, mais aussi sur les mesures qui renforcent la préparation à n’importe quel type de danger.

Le dimanche 3 mars 2013, un astéroïde de la taille d’un terrain de football filant à une vitesse d’environ 17 000 kilomètres-heure est passé à quelque 400 000 kilomètres de la Terre. Cet événement a pris tout le monde par surprise, car il n’était pas annoncé : l’astéroïde n’avait été découvert que six jours auparavant. La distance qui le séparait de la Terre (pour utiliser une comparaison avec des corps célestes qui nous sont familiers) équivalait à environ trois fois celle qui sépare la Terre et la lune. Patrick Paolucci, président de Slooh Space Camera, a déclaré, lors d’une webémission transmettant des images de l’astéroïde en direct d’un télescope dans les îles Canaries, « ce qu’il y a d’effrayant avec cet astéroïde, c’est que nous ignorions tout de son existence. » Cela me rappelait les films d’Hollywood alors que j’imaginais l’impact d’un astéroïde qui, s’il frappait directement la Terre, aurait la capacité de détruire un grand centre urbain en quelques minutes.

L’énorme boule de feu que plusieurs ont observée et filmée dans la matinée du 15 février 2013 était un astéroïde de la taille d’un autobus (de 17 à 20 mètres) qui a explosé et s’est désintégré au-dessus de Chelyabinsk, en Russie. La force de l’explosion, qui équivalait à une mégatonne de dynamite, a créé une onde de choc qui a ébranlé les fenêtres et endommagé les édifices, faisant plus de 1 500 blessés.

Les pratiques de planification de la poursuite des activités nous enseignent à identifier les risques et les menaces connus dont il faut tenir compte afin de réduire et d’éviter les répercussions qu’ils pourraient avoir pour l’entreprise. Cette approche est connue sous le nom de planification « tous risques »; elle fonctionne bien avec les risques et les menaces évidents et répétitifs, mais comment planifier les situations inédites ou improbables?

Les spécialistes de la poursuite des activités apprennent avec l’expérience à connaître les risques et les menaces prévisibles les plus connus et les stratégies visant à les réduire, mais ils ne peuvent prédire l’avenir ni la probabilité que d’autres événements à risque se produisent, comme un astéroïde ou un engin spatial qui tombe du ciel à l’improviste — à moins que ces risques soient devenus plus prévisibles qu’avant, à la lumière de certains événements récents.

La catastrophe de la navette spatiale Challenger est survenue le 28 janvier 1986, alors que ses réservoirs de carburant ont explosé 73 secondes après son lancement, provoquant la mort des sept membres de son équipage. La navette s’est désintégrée au-dessus de l’océan Atlantique, au large des côtes du centre de la Floride. La catastrophe de la navette spatiale Columbia s’est produite le 1er février 2003 : alors que la navette effectuait sa rentrée dans l’atmosphère de la Terre, elle s’est désintégrée au-dessus du Texas et de la Louisiane, entraînant la mort des sept membres de son équipage. Des débris de la navette spatiale Columbia ont été retrouvés au Texas.

La station spatiale Skylab lancée et opérée par la NASA est demeurée en orbite terrestre de 1973 à 1979. En 1979, elle est rentrée dans l’atmosphère de la Terre de manière incontrôlable et s’est désintégrée en projetant des débris dans l’ouest de l’Australie. La station spatiale russe Mir, qui est restée en orbite basse terrestre de 1986 à 2001, a été mise hors service en mars 2001 et s’est désintégrée au contact de l’atmosphère terrestre.

Les objets qui gravitent dans notre atmosphère, comme les astéroïdes, les comètes et les astronefs (à l’exclusion des avions), sont définis par le terme « géocroiseurs » (ou Near-Earth Objects – NEO). Ce sont des objets dont l’orbite croise de près celle de la Terre. Aux États-Unis, la NASA a été mandatée par le Congrès pour cataloguer tous les géocroiseurs mesurant au moins un kilomètre de largeur, puisque l’impact d’un objet de cette taille serait catastrophique. En août 2012, 850 astéroïdes géocroiseurs de plus d’un kilomètre étaient répertoriés, mais seulement 154 posent un problème potentiel pour la Terre. Les géocroiseurs font rarement partie de la liste des risques ou des menaces qui préoccupent la plupart des entreprises. Si c’était le cas, nous devrions aussi inclure des éventualités telles que l’invasion de la planète par des extraterrestres et des zombies.

À l’heure actuelle, il est plus probable qu’une infestation de punaises de lit se produise dans votre entreprise au cours des prochaines années qu’un astéroïde frappe votre immeuble à bureaux, car les punaises de lit deviennent un problème grandissant au Canada et en Amérique du Nord. En partie attribuables aux voyages internationaux et aux restrictions croissantes qui frappent les insecticides, les infestations de punaises de lit affichent une prévalence accrue, qui se traduit par des recommandations dans de nombreux forums publics.

Les punaises de lit se propagent dans la plupart des matériaux – tissu, papier, matières plastiques. Comme elles se propagent facilement d’un endroit à un autre, on retrouve les punaises de lit partout, notamment dans les hôtels haut de gamme, les salles de cinéma et les transports publics. Les infestations de punaises de lit sont un nouveau risque qui doit désormais être évalué comme les autres risques et menaces plus évidents.

Utilisez une approche simple et concrète de la gestion du risque. Considérez la probabilité qu’un événement à risque se produise, l’impact qu’il aurait sur l’entreprise et, le cas échéant, les « contrôles » mis en place. Un contrôle est une contre-mesure proactive qui peut être prise pour réduire la fréquence et (ou) l’impact d’un événement à risque avant qu’il ne se produise. Les risques et les menaces évidents à prévoir demeurent les suivants :

  • La perte du lieu de travail principal (bureau ou lieu de production) qui n’est plus accessible (quelle qu’en soit la raison – la destruction de l’édifice, une scène de crime, une infestation de punaises de lit ou… l’impact d’un météorite)
  • Les défaillances ou les pannes matérielles ou logicielles du réseau de TI
  • La perte de données commerciales
  • La perte des télécommunications
  • Les pannes de courant
  • La perte de main-d’œuvre (que ce soit en raison d’une pandémie, d’un arrêt de travail, de gagnants à la loterie)
  • Les fournisseurs et les partenaires de l’entreprise 

Tout effort visant à réduire les risques en mettant en place des mesures préventives et correctives pour en diminuer ou en éliminer l’exposition, la probabilité et (ou) la gravité nécessite l’appui de la haute direction, qui doit s’engager à fournir les ressources et le financement appropriés. Même si nous ne pouvons prédire les catastrophes, nous pouvons certainement planifier les événements à risques évidents pour que l’entreprise ait de meilleures chances de survivre lorsqu’ils se produisent.

 

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