Vous tardez toujours à adopter l’IPv6?

Les arguments alarmistes n’ont pas réussi à convaincre les Canadiens de passer au nouveau protocole — les mérites éventuels de l’IPv6 sauront-ils le faire? Voilà de quoi réfléchir.

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Avec Internet, beaucoup de Canadiens adhèrent au vieux principe « pourquoi intervenir si ça fonctionne bien? ».

Et malgré les meilleures (ou pires?) interventions de Kim Kardashian, Internet fonctionne toujours bien! En fait, tout continue d’aller comme sur des roulettes mêmes si le spectre de la pénurie prochaine d’adresses IPv4 plane depuis des années.

L’ARIN (American Registry for Internet Numbers), organisme qui gère les adresses en ligne en Amérique du Nord et dans les Caraïbes, a officiellement manqué de nouvelles adresses IPv4 au mois de septembre dernier. Mais rien ne nous empêche malgré tout d’accéder à Facebook ni de regarder nos séries télé en rafale, n’est-ce pas?

On ne peut donc pas se surprendre du fait qu’ici, au Canada, la plupart persistent avec l’IPv4 et se croisent les doigts. Les derniers chiffres mondiaux indiquent que seulement 8,99 % des utilisateurs canadiens d’Internet ont adopté l’IPv6.

Voilà qui nous place au 18e rang sur 100 pays, loin derrière la Belgique (où 45,6 % des gens ont déjà accueilli l’IPv6), ainsi que les États-Unis (ou quelque 30 % des utilisateurs d’Internet sont passés au nouveau protocole).

Les arguments alarmistes (comme la menace de la pénurie d’adresses IPv4 qui nous guette depuis des décennies) n’ont pas réussi à convaincre les Canadiens de passer au nouveau protocole — les mérites éventuels de l’IPv6 sauront-ils le faire?

La vitesse est l’un des grands avantages. L’an dernier, Facebook a mené des tests qui ont révélé que des utilisateurs de l’IPv6 atteignent son site 15 fois plus vite que ceux du protocole IPv4. C’est possible parce que l’IPv6 permet une connectivité directe de bout en bout.

Voici pourquoi l’IPv4 est aussi lent : comme les adresses IPv4 sont si nombreuses, les communications entre systèmes IPv4 s’établissent par un mécanisme de traduction d’adresses réseau (NAT). Dans cette formule, le trafic doit emprunter plusieurs détours plutôt que se rendre directement à destination.

En plus d’offrir une connectivité accélérée (essentielle pour visionner du contenu en temps réel et surfer sur la vague du réseau « Internet des objets »), l’IPv6 communique des données précises sur le point d’origine des données.

Ainsi, au lieu d’obtenir une longue liste des adresses parcourues par le trafic pour finalement se rendre à votre site Web, vous voyez un point d’origine unique, rien de plus. La connectivité directe réduit aussi les risques d’atteinte à la sécurité, car moins nombreux sont les points NAT, plus faible sera l’exposition aux menaces.

Et, parlant de sécurité, chaque adresse IPv6 est assortie d’un en-tête de chiffrement et d’authentification. Bien que ces deux caractéristiques soient facultatives (l’utilisateur décide de les activer ou non), elles sont intégrées à toute adresse. Les ingrédients sont là : il suffit en quelque sorte d’assembler la recette pour augmenter le niveau de sécurité. Ce n’est pas le cas avec l’IPv4.

Qui plus est, chaque adresse IPv6 se configure automatiquement, sans intervention humaine et sans aucun coût. Et, justement, les adresses IPv4 ne deviendront que plus onéreuses à mesure que leur rareté augmentera.

Nous avons convaincu d’adopter l’IPv6? Que faites-vous, maintenant?

Il existe de nombreuses ressources à la disposition des professionnels des réseaux. Le programme Deploy360 de l’Internet Society propose des tutoriels, des vidéos, des études de cas et des données statistiques. Les sujets abordés comprennent notamment la façon d’obtenir des adresses IPv6, la planification de la mise en œuvre, la comparaison entre l’IPv4 et l’IPv6, l’établissement de la comptabilité du matériel existant, l’échange de trafic sur IPv6, les outils de transition et les considérations en matière de sécurité.

Des ressources similaires sont accessibles par l’intermédiaire de l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet, notamment un court test permettant de déterminer la conformité de votre matériel, réseau et FSI à l’IPv6.

En réalité, que vous soyez prêt ou non à adopter l’IPV6, c’est la voie qu’emprunte déjà Internet. En effet, depuis le 1er juin, Apple exige même que toutes les applications soumises à son App Store fonctionnent avec les connexions réseau sur IPv6 de bout en bout. Google et Facebook ont adopté l’IPv6 à l’interne, et font de même pour leurs services accessibles aux clients.

Si votre entreprise prévoit évoluer dans le monde du réseau Internet des objets dans une quelconque mesure, comment fera-t-elle pour obtenir toutes les adresses IPv4 dont elle aura besoin pour les nouveaux dispositifs et les nouvelles connexions? Ce ne sera probablement pas possible, car ces adresses ne seront carrément plus accessibles.

Vous pouvez choisir de continuer à repousser l’adoption de l’IPv6, mais, au moins, vous le ferez en toute connaissance de cause!

Image : Free Digital Photos

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